
Et si le geste le plus courageux de ce roman, c’était de dire à une amie « je viens avec toi » ? Ginger rêve de chanter à Broadway. Pour Lola, décrocher le téléphone peut déjà demander un effort immense. J’ai ouvert Sur scène pour le rêve de Ginger, et c’est le courage de Lola qui m’a prise à la gorge. Si vous cherchez un roman qui vous fait rire au milieu d’une page qui vous serre le cœur, c’est celui que j’ai envie de vous mettre entre les mains.
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De quoi parle Sur scène ?
Ginger a monté son restaurant en partant de rien. Lola, sa meilleure amie, peut se sentir submergée à l’idée de décrocher le téléphone ou même de choisir un plat. On pourrait croire qu’elles avancent à des rythmes incompatibles. Pourtant, quand Ginger apprend que son cancer est revenu, c’est avec Lola qu’elle va passer la soirée. Dans un piano-bar, la musique lui offre un moment de répit.
De retour chez elle, Ginger retrouve une vieille vidéo où elle chante un extrait de comédie musicale. Elle y revoit l’adolescente qui rêvait de monter sur une scène à Broadway. Et si ce rêve pouvait encore avoir une place dans sa vie ? L’idée de partir à New York prend forme, et Ginger veut que Lola soit du voyage.
C’est là que l’histoire m’a accrochée. Pour Ginger, traverser l’Atlantique, c’est enfin donner une chance à un rêve qu’elle a longtemps remis à plus tard. Pour Lola, c’est quitter ses repères au moment où son amie a besoin d’elle. Rien qu’à l’idée de les voir partir ensemble, j’avais envie de savoir comment elles allaient trouver leur rythme, toutes les deux.

Chez Lola, j’ai reconnu quelque chose de moi
Les crises d’angoisse de Lola m’ont touchée parce que je connais ce décalage entre ce qu’un geste a l’air de coûter et ce qu’il coûte vraiment. Quand on regarde de l’extérieur, on voit un téléphone qui sonne. Quand on est à la place de Lola, on comprend pourquoi décrocher peut prendre toute la place.
C’est aussi pour ça que sa décision d’accompagner Ginger m’a autant émue. Elle sait ce que ce voyage va lui demander. Elle y va parce qu’elle aime son amie. Ce courage-là m’a donné des frissons, justement parce que sa peur est toujours là.
Ginger m’a bouleversée d’une autre façon
Mon père a eu un cancer, alors l’histoire de Ginger a remué quelque chose de plus intime chez moi. Sa détermination à aller au bout de ce rêve, alors que la maladie occupe déjà tant de place, m’a profondément touchée. J’avais envie qu’elle puisse penser à cette scène, à cette chanson, à tout ce qu’elle désirait encore.
Et au milieu de cette tristesse, le roman m’a fait rire. C’est une des choses que j’ai le plus aimées. Je me suis attachée à Ginger et à Lola aussi dans ces moments où je pouvais souffler avec elles. Ça rendait les passages difficiles encore plus proches.
Pour qui est fait Sur scène ?
Pour celles et ceux qui aiment les histoires d’amitié où les gestes comptent. Si vous avez déjà accompagné quelqu’un que vous aimez dans un moment difficile, le choix de Lola peut vous parler. Ce que j’ai aimé, c’est qu’on mesure le prix de son « oui » à travers les petites choses qui lui coûtent au quotidien.
Pour les lecteurs qui se reconnaissent dans les personnages anxieux. Avec Lola, j’ai retrouvé cette fatigue de devoir rassembler son courage pour des gestes que d’autres font sans y penser. Ça m’a fait du bien de voir ce courage prendre autant de place que le grand rêve de Ginger.
Pour qui a envie de rire et de pleurer dans le même livre. La maladie donne au récit des moments lourds, surtout si le sujet vous touche de près. L’humour m’a donné de l’air et m’a rapprochée des deux amies. Après avoir refermé le livre, j’ai surtout repensé à ces gens qui nous disent « je viens avec toi » quand ils savent très bien que ça va leur coûter.
Retrouver le roman en poche
Quels autres livres de Carène Ponte découvrir ?
Si c’est l’amitié entre Ginger et Lola qui vous attire, Il faudrait leur dire est une belle piste. Six amis se promettent de se retrouver tous les cinq ans après le bac. Si vous êtes plutôt sensible aux histoires où un personnage reprend sa vie en main, regardez du côté de La lumière était si parfaite. Une pellicule retrouvée dans la maison familiale pousse Megg à enquêter sur le passé de sa mère. Fiche d’Il faudrait leur dire · Fiche de La lumière était si parfaite
Est-ce que je recommande Sur scène ?
Oui, et je le conseillerais d’abord à quelqu’un qui a envie de s’attacher à deux personnages au point d’avoir du mal à les quitter. Le rêve de Broadway m’a donné envie de tourner les pages. Ce qui m’a vraiment embarquée, c’est de voir à quel point ce même voyage représente deux choses différentes. Ginger veut retrouver quelque chose qui lui appartient, alors que la maladie prend déjà tant de place. Lola veut être là pour son amie, même si partir lui demande un courage qu’on ne verrait pas forcément de l’extérieur.
C’est pour cette différence que je recommande le livre. Je me suis reconnue dans la peur de Lola, et l’histoire de Ginger m’a ramenée à des souvenirs plus intimes. Malgré ça, j’ai ri avec elles. Ces moments m’ont fait du bien et ont rendu leur amitié encore plus vivante. Si le sujet du cancer est trop proche de vous en ce moment, gardez peut-être ce titre pour plus tard. Si vous avez envie d’une lecture qui vous remue et vous laisse penser à quelqu’un que vous aimez, je vous le conseille de tout cœur.
À qui je l’offrirais ? À une amie avec qui j’ai déjà ri au mauvais moment, quand on en avait toutes les deux besoin. Et je lui demanderais, une fois le livre refermé, laquelle des deux lui est restée le plus longtemps en tête. Pour moi, c’est Lola.









